Bernard Coppey : de la Flandre à l’Audomarois

LA GARE ROUTIERE, UN LIEU DE PASSAGE A DYNAMISER

    La gare routière vient de s’installer (voir le sujet précédent), il lui faut un directeur, mieux, un animateur. Bernard Coppey, malgré ses 23 ans, flaire le bon coup. Cet endroit voit passer des milliers de voyageurs par jour, reçoit des messageries, abrite un bar. C’est un potentiel extraordinaire. Mais Saint-Omer ne l’attend pas ! Il va alors se faire appuyer par l’autocariste Bereyne, convainc Jacques Durand, puissant président de la chambre de commerce, le gestionnaire de l’équipement. Là encore, son génie imaginatif va faire merveille. Il innove, avec des jukes-box directement accessibles sur les tables, des flippers, une ambiance. Les cafetiers audomarois grincent, le phénomène séduit, attire, capte la clientèle de passage. La modernité fait son succès. Mais il rêve déjà d’autre chose.

La gare routière en bas à droite de la photo, au temps de sa splendeur dans les années 70

 

UN FLOP PEUT DEVENIR UN COUP GAGNANT

    Cinq ans avec les bus, c’est bien, d’autant que ce transport décline. En parallèle, il façonne un autre projet. Sur l’artère commerçante du centre, la rue de Dunkerque, le presque trentenaire achète un coiffeur. Il en fait un pub, à la façade sombre, avec des tables séparées, intimes, novateur pour ce début des années 70. Trop ? La clientèle ne suit pas. Le patron « fait alors le trottoir », persuade les passants sur le pas de la porte. Coup de foudre, coup de cœur.

  Le Pub, c’était son nom, se met à cartonner. Il était vide, il ne désemplit pas, à tel point qu’il faut agrandir.

 

En Parallèle a succédé au Pub et à l'Ascot Pub

EMMANUELLE CHAGRINE LE BOURGEOIS MAIS REMPLIT LE CINEMA

    Dormir sur ses lauriers n’est pas dans l’esprit du bonhomme. Le cinéma lui trotte toujours dans la tête. Le Gaumont vient de fermer, la Familia, propriété de l’évêché, ronronne, il reste le Pax, rue d’Arras. Il s’associe, puis en devient le seul patron. Très vite, il modernise, lance une seconde salle. C’est encore très rare à l’époque.  L’érotiques s’empare des soirées, le genre est en vogue, Canal + n’est pas né. Les biens pensants s’offusquent, « Emmanuelle » cartonne. L’investisseur veut obtenir les nouveautés en même temps que Lille ou Paris. Associé à un confrère armentiérois, il va au bras de fer avec les distributeurs et casse le monopole. Un formidable coup de poker. Saint-Omer propose les mêmes films que dans la capitale. « Le vieux fusil », qui inaugure ce nouveau concept, sera un triomphe. Il ajoute des salles, achète un cinéma à Maubeuge. Mais où Bernard Coppey va t’il s’arrêter ?