Bernard Coppey, le Monsieur Cinéma de l’Audomarois

L’ENFANT DE LA BALLE VENDAIT DES ESQUIMAUX

A 76 ans, vous le voyez encore régulièrement à Ociné, vérifiant la validité des billets d’entrée. Il connaît par cœur. Gamin, il aide au cinéma familial, le Central, à Bourbourg où il est né. Il vend des chocolats glacés, des friandises. Le service militaire l’appelle. En Algérie, il reçoit une mission, renflouer le foyer de la garnison, déficitaire. Son sens commercial, sa pugnacité, sa rigueur vont se révéler. A force de surveillance, il confond les coupables qui plombaient les comptes. Il n’a que 19 ans, il sait sans doute que sa voie est tracée. Ses cours du lycée technique de Dunkerque lui serviront peu. Il sera commerçant, mieux, entrepreneur.

Ciné le Central à Boubourg. Là, où tout a commencé

SAINT-OMER L’ATTIRE, IL S’Y INSTALLE

Sa formation, il ne la fera pas dans les écoles, mais sur le terrain, en accéléré. Papa vient de décéder, sa mère lui confie la gestion du café-cinéma. Il va vite trouver des idées  pour dynamiser ce Central qui n’attendait que ça. Car il faut imaginer le contexte. C’est le milieu des années 50. L’après-guerre a beaucoup demandé aux Français  qui ont consenti d’énormes efforts pour redresser le pays. Il manque un zeste de folie. Avec les bals du dimanche, le cinéma devient un lieu festif incontournable. Le jeune patron négocie les contrats, gère en homme avisé, ce n’est pas la fortune, mais l’affaire vit bien.  Armée terminée, son jeune frère revient en Flandre. La rentabilité est là, mais elle ne justifie pas deux directeurs. Et puis, sans doute que Bernard Coppey aime avoir les coudées franches pour concrétiser sa soif d’entreprendre. Saint-Omer va lui apporter une formidable opportunité. La gare routière, toute neuve (pour les plus jeunes là où est aujourd’hui Ociné) va lui apporter une formidable opportunité.

Du cinéma, des réceptions, des conférences, des réunions publiques... Le Central se transformait aussi en salle de bal à l'occasion

1965 marque un nouveau départ sur une autre terre que la sienne