Les sentinelles du territoire

Notre territoire en compte des centaines, peut-être des milliers, nichées dans les murs, bâties à un carrefour, dressées au bout d’un champ, installées parfois au milieu de nulle part depuis plusieurs siècles. Elles sont là en remerciement d’un retour de guerre, d’une guérison, ou pour honorer un saint. Les chapelles sont des lieux de culte, autres que les églises, utilisées pour des dévotions particulières, des neuvaines, autrefois les vêpres quand la religion catholique dictait sa loi. Elles ne sont pas toujours en bon état. Parfois, leur vétusté émeut les voisins, une municipalité, la paroisse qui mettent leur savoir-faire en commun ou quelques billets pour lui rendre son éclat.

Celle que nous vous présentons est cachée par le Château de la tour, l’ancien château Fardel et sa tour observatoire, mangé par le mérule et dont la municipalité de Longuenesse a voté la rénovation pour le transformer en espace culturel. Elle est toute proche de sa grande sœur, l’église Saint-Quentin, en retrait de la rue, comme si, par humilité, elle voulait se cacher.

"L'observatoire" du Château de la tour, ancien château Fardel.

Les Graffitis de l’église de Merck Saint Liévin

 

 

Charmante commune campagnarde, traversée par l’Aa, Merck-Saint-Liévin se situe dans la communauté de communes du canton de Fauquembergues.

    Son église dédiée à Liévin s’impose par sa haute flèche en pierre blanche dans le paysage bocager et préservé du village. Le visiteur attentif aura remarqué les nombreux graffitis dont sont couverts ses murs. La lecture du panneau de signalétique à l’entrée de l’enclos lui apprendra que Liévin était le saint patron des marins et que l’église renferme de nombreux ex-voto des familles de matelots boulonnais et étaplois.

Mais pour quelles raisons au juste ?

Deux cartouches de dynamite et la campagne s’est offerte à la vue du centre-ville d’Aire sur la Lys

Le démantèlement des remparts de la ville d'Aire sur la Lys ouvre des perspectives de commerce.

Deux cartouches de dynamite et un craquement. Ce n’est pas un feu d’artifice ordinaire qui est tiré le 14 juillet 1893. Un coin du mur de la demi-lune du château, derrière ce qui est aujourd’hui le cinéma Area, s’abat dans le glacis. C’est juste une petite brèche, mais elle est énorme pour la population, les personnalités, les militaires, plus d’un millier de personnes, rapporte le journal local, qui ont afflué de la grand-place pour l’événement. Car c’est le début du démantèlement des fortifications. Désormais, la campagne s’offre à la vue du centre-ville. Une révolution dans le quotidien des Airois, jusqu’alors à l’ombre de leurs murs d’enceinte.