En marchant sur l’eau pour arriver à Merck Saint Liévin

La commune de Merck Saint Liévin est traversée par l'Aa et présente un spectacle très reposant.

Au début du 7e siècle, Liévin, descendant d’une grande lignée écossaise, traverse la Manche à pieds secs afin d’évangéliser le Nord de l’Europe continentale. Après un passage à Boulogne, il s’arrête en Morinie et assiste Omer dans sa mission confiée par le Roi Dagobert. Il fonde une communauté à Merck et s’installe pour quelques années. Néanmoins, il reprend son périple vers la Belgique où il sera martyrisé à Essche dans le Brabant.

     Dans la Morinie, son culte prit une tournure toute particulière. Il semble que l’on se soit surtout souvenu de sa traversée mouvementée de la Manche à pieds secs pour en faire le patron des marins pêcheurs. Ceux-ci venaient donc en nombre vénérer les reliques du saint lors d’épidémie telle celle de choléra à Boulogne en 1849 ou suite à des tempêtes afin de rappeler la mémoire des marins disparus. Il faut d’ailleurs se souvenir que ces familles éplorées n’avaient généralement pas le corps du défunt perdu en mer. L’usage était donc de déposer un ex-voto au calvaire des marins situé sur les hauteurs du quartier des pêcheurs à Boulogne et un autre à Merck afin de bénéficier de la protection de saint Liévin. Rares sont les matelots qui gravent encore le numéro d’immatriculation de leur bateau sur les murs de l’église de Merck, mais ils existent pourtant, au cas où ! 

 L’église a été plusieurs fois remaniée. La nef et le choeur sont couverts d’une splendide voûte sur croisée d’ogives datant encore des 15e et 16e siècles comprenant des liernes et tiercerons finement sculptés. La tour fut reconstruite au 16e siècle et porte les armes des seigneurs de Warnecque. A noter également la présence d’une très belle cuve baptismale en fonte.

Pour la petite histoire…

A Merck Saint Liévin, la mémoire du saint est encore honorée. L’histoire raconte aussi que chaque année, à la saint Jean, le seigneur de Merck couronnait la jeune fille la plus vertueuse et la conduisait solennellement à la place du banc seigneurial qui lui était réservée : cette place portait le « sied de la blanche vierge », était marquée par un voile blanc et restait inoccupée tout le reste de l’année…