Francky en Colombie

Au ralenti, bercé par les vagues…

Porte conteneur
Porte conteneur

C’est avec un peu de neige et les premiers travaux de démolition du bloc 10 et de la gare de Saint-Omer que j’ ai démarré le 11 février mon voyage à vélo à travers l’ Amérique du Sud, l’Europe et la Scandinavie… J’ai commencé par une progression lente via l’utilisation d’un cargo porte-conteneurs du Havre pour m’ amener 15 jours plus tard à Carthagène en Colombie. Les 15 jours passés à bord ont été un havre de paix où j’ai pu prendre le temps de me reposer (lire, étudier, siestes), me restaurer, discuter et observer inlassablement l’océan. Plus de 1000 conteneurs, des milliers de tonnes transportés mais aussi des milliers de litres de fioul consommés (>2000 litres/h) font du Bathalzar Schulte une véritable usine naviguant sur l’océan. Malgré mon vélo « toot’ s » et ses vertes demoiselles (mes sacoches), moyen de transport que j’utiliserai pour le reste du voyage en guise de compensation, l’usine en question me rappelle que je vis bien au sein de sociétés de consommation, de libres échanges inscrits dans la mondialisation et qui incontestablement génèrent des impacts environnementaux… Certes, cette belle expérience est sans regrets et je la recommande à ceux et celles qui souhaitent vivre au ralenti, au rythme bercé par les vagues et aux vues imprenables sur les levers et couchers de soleil.

Une autre vision…

Relief en Colombie
Premiers dénivelé

J’ai découvert un tout autre pays aujourd’hui… Malgré les grandes distances à parcourir, les paysages variés sont de toute beauté et raviront à la fois ceux et celles adeptes de belles plages, de montagnes, de lagunes/rivières ou encore de forêts avec l’ Amazonie…

Sancelero
Eglise de Sancelero

Ce pays s’ouvre au tourisme et les colombiens, plein d’espoirs par rapport à cette tendance, sont serviables, généreux et par conséquent prêts à nous accueillir les bras ouverts… Certes, les conditions sont parfois rustiques mais tous les ingrédients sont présents pour vivre une expérience unique, riche et authentique.

La Colombie est loin d’ être un pays plat comme les Hauts de France…J’ y ai laisse quelques kg et quelques litres d’ eau.

Boutique Colombienne
Spécialité Colombienne

Fort heureusement des bons jus de fruits (mangues, mandarines, oranges, lulos, goyaves) sont vendus le long des routes, des empanadas et des arepas (galettes de mais) de fromages ainsi que d’autres spécialités colombiennes sont venus ravir mes papilles gustatives pour des poignées de pesos qui nous incitent à devenir gourmands…

Pour rentrer en contact avec la population, rien de mieux que de se poser au sein d’ une famille, une association ou une communauté comme j’ ai pu le faire en intégrant le projet écologique:

Eco-construction du projet Gaia

www.proyectogaia.com en milieu de parcours… des constructions en bambou, des menus végétariens, des principes de permaculture et autres pratiques environnementales ont fait de mon séjour une belle rencontre de société idéale et exemplaire, peu consommatrice de ressources naturelles (non renouvelables) nous invitant à se poser les bonnes questions sur nos modes de consommation… Les formations proposées, les cas pratiques exposés et les échanges au sein de la communauté de Proyecto Gaia font émerger d’autres initiatives et sensibilisent visiteurs, stagiaires ou volontaires comme j’ ai pu l’ être pendant une dizaine de jours.

Aussi, la Colombie est un pays en pleine mutation, au potentiel énorme, teintée d’espoirs et d’énergie, attirant beaucoup d’ investisseurs notamment français,  au risque malheureusement de perdre très prochainement son authenticité, ces infrastructures cabossées ou encore manger pour moins de deux euros..

Las Bajas

Mon voyage se poursuit aujourd’hui  en Équateur…

Je n’ai que quelques dizaines de km pour l’ instant car je me suis posé au nord du pays pour réaliser du volontariat et plus précisément au Bosque de la Paz. C’est au cœur de 15 ha de restauration écologique que j’ai œuvre pendant un mois aux cotés de Piet Sabbe, d’origine belge, qui a eu le projet très ambitieux de reboiser un terrain complètement défriché et érodé… Opération aujourd’hui réussie car on n’y recense de nombreuses espèces d’arbres, de graminées (plus de 17 espèces de bambous), des plantes aromatiques, arbustes, des légumes (yucca, oignons, patates douces), des fruits (citrons, bananes, plantains, goyaves, cacao, café). Un véritable paradis qui se visite aujourd’hui par un chemin pédagogique où l’on rencontrera toute la richesse générée par le projet…

Cueillettes et plantations

On ne s’ennuie pas en tant que volontaire, outre le fauchage, désherbage à la machette, cueillette, plantations, etc, c’est aussi se livrer à des activités de cuisine (faire du pain, récolter le café et le cacao, torréfier…), accueillir des visiteurs, etc. J’ai vu en Piet notre Pierre Rabhi en France… Outre vivre « en sobriété heureuse ». Il est très sensibilisé par l’érosion et la perte des sols. Il en a fait sa spécialité en cultivant notamment du Vétiver, graminée qui a la particularité de maintenir les terres en place, traiter en partie l’eau, ombrager les plantes, etc… Bref, il fait partie de ces personnes qui font bouger les choses même si au sein de son village on le prend pour un fou, « Je pense être sur un bon chemin  » – les dernières inondations en Colombie qui ont fait plus de 300 morts, ne viendront pas contredire ces propos et ces actions.

Cueillette et plantation

Je ressors pleinement ravi de cette expérience… Elle s’est terminée le 12 mai, date à laquelle j’ai repris la route pour parcourir le reste de l’Équateur, avec notamment une ou deux ascensions de volcans, rouler en partie en Amazonie et progressivement atteindre le Pérou et la Bolivie qui seront résumés dans le prochain trimestre… Plus de détails et photos de mon périple sur mon blog : fbuck.canalblog.com