Gare de Saint-Omer

L’EAU, SOURCE DE VIE POUR SAINT-OMER

   Dès son origine et en l’absence de voies terrestres praticables, Saint-Omer doit son développement aux voies d’eau qui la relient à la mer et qui feront sa prospérité du XIe au XIVe siècles.

L'entrée dans la ville en venant du quai du Haut-Pont port accéder au Vainquai : le quai au vin. On aperçoit les barriques de vin prêts à être embarquées

L’actuel quai du commerce ensemble composé par ce que l’on nomme encore quai des Salines, le Vainquai, etc… conserva un rôle important jusqu’au milieu du XXe siècle. Le réseau fluvial aurait dû être relayé par la voie ferrée mais la décision des notables en 1837 de ne pas accepter une gare de triage rendra difficile pour de nombreuses décennies, un développement économique potentiel.

L’absence d’industrialisation à Saint-Omer de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1940 trouve sa cause dans la volonté généralisée des familles dirigeantes de conserver une totale autonomie des affaires privées. Cela se traduit par un refus de capitaux extérieurs et par conséquent une très faible évolution technologique des appareils de production.

Le commerce n’échappait pas à cette tendance du repli sur soi, de sorte que la ville s’enferma dans un système d’échange avec les campagnes environnantes et précisément le monde agricole. Le refus de la révolution industrielle était ainsi compensé par un commerce important de légumes et produits d’élevage. En 1849, Saint-Omer était le lieu de l’un des plus importants marchés du Pas de Calais. La première exposition agricole de l’arrondissement organisée par la Société d’Agriculture eut lieu en 1843 plaçait la ville aux premiers rangs de la région.

La quai du Commerce vu de la gare. Au premier plan, à gauche, on aperçoit l'Hôtel Restaurant "La Renaissance".
Le quai du Commerce était aussi un quai de déchargement qui a fait place à un parking.

La création de la 7e section des Wateringues permit de mettre en valeur le marais grâce à un système d’assèchement qui existe encore de nos jours. Un quadrillage des terres maraîchères et un réseau de drainage d’origine anglaise qui consistait à poser des tuyaux en poterie à 1,20 mètre de profondeur pour les relier à des fossés d’écoulement, rendirent possible la conquête de surfaces agricoles sur de vastes espaces. La spécialisation des cultures se renforça après 1850 et les choux fleurs et autres légumes furent acheminés dès 1870 dans tout le nord de la France, la Lorraine et principalement vers Paris.

La voie d’eau demeurait ainsi très active et les quais au Nord-Est de la ville gardaient toute leur utilité.

Déchargement du Chou Fleur

Culture Phare du marais audomarois le chou fleur. Ici les maraîchers au travail à proximité de la gare sur le chemin de halage. Les chevaux sont encore beaucoup employés pour cette activité. Mais déjà les véhicules automobiles trouvent leur utilité. Un véhicule militaire anglais de la Première guerre mondiale a été récupéré.

  Il faut remarquer la qualité de la porte du Haut-Pont au sommet de laquelle se trouvait Mathurin et son Jacquemart qui sonnait les heures. Cet édifice fut fortement endommagé en mai 1940 et le conseil municipal renonça le 12 octobre de la même année à sa reconstruction. Le campanile fut définitivement rasé en 1963 et Mathurin relégué au musée Sandelin.

DU RESEAU FERRE AU RESEAU INFORMATIQUE

   La période d’industrialisation avec l’apparition du chemin de fer aurait pu prendre le relais. Malheureusement le refus du conseil municipal de l’époque de voir implanter une gare de triage réduisit fortement le potentiel commercial de la commune. Les motifs officiels de ce rejet s’appuyaient sur l’impossibilité de couper le lien entre la ville et le marais. Cependant, il y a fort à croire que la motivation réelle et conforme à la mentalité de l’époque se fondait sur le refus de voir arriver une classe ouvrière non désirée. Quoi qu’il en soit, cette gare de triage fut implantée à Hazebrouck  et mise en service le 1er septembre 1848 par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Elle se range aujourd’hui parmi les plus importantes de la région.

Pour ces raisons, les bâtiments de la gare de Saint-Omer furent, pendant 50 ans, de modestes édifices. Il faudra attendre l’intervention d’Alexandre Ribot et Charles Jonnart, hommes politiques d’influence,  pour que la ville soit dotée d’une gare prestigieuse sous l’aspect que nous lui connaissons actuellement. Grâce à ces deux hommes, les crédits qui devaient être attribués à Armentières furent affectés à la construction de la gare de Saint-Omer. Le nouvel édifice fut inauguré le 12 juin 1904 après seulement deux ans de travaux. Gravement endommagée lors de la dernière guerre, la bâtisse fut réhabilitée mais des ornements tels que le lanternon n’ont pas été réparés.

   La gare vient de faire l’objet d’un remarquable agencement pour devenir un lieu collaboratif moderne grâce aux technologies de la communication et de l’informatique (voir article sur la Station). De surcroît, lors des prochaines années, de vastes aménagements urbains devraient métamorphoser la partie Est de la ville.