La chapelle Sainte-Barbe

UNE CHAPELLE AU MILIEU DU SANATORIUM

Au regard du nombre de personnes travaillant au sanatorium d’Helfaut, et dans le contexte des années 30 bien plus impactées par la religion qu’aujourd’hui, il n’est pas anormal d’y trouver une chapelle. Elle est contemporaine de la construction de l’hôpital et servait aux sœurs franciscaines, les soignantes de l’époque, aux malades et aux familles venant les visiter. Cachée à l’origine par les arbres, elle est peu à peu apparue au gré des déboisements liés à l’extension des parkings. 

Ce lieu cultuel est dédié à Sainte-Barbe, la patronne des mineurs. Ils constituaient l’essentiel de la patientèle et venaient soigner leurs poumons abîmés par la silicose. Le 4 décembre, jour de fête de la sainte, l’évêque vient y dire une messe. La chapelle est encore ouverte. Elle permet le recueillement des familles.

Une cloche était installée dans le campanile au-dessus de l’entrée, disparue. Il subsiste une Vierge, identique à celle de Notre-Dame des miracles qui émigra d’une chapelle de la grand place, rasée pour permettre l’évolution des militaires, vers la cathédrale. Au fil des ans, l’intérieur a également subi des modifications. Les bancs périphériques ont disparu, comme les appliques servant à l’éclairage, ainsi que le lambris bas du pourtour.

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C’est un joli bâtiment, tout en simplicité, dont la porte marque l’affectation. Il est largement teinté d’Art déco, encore en vogue au moment de l’édification. Les pans coupés au-dessus de la porte et à l’intérieur, les voûtes en arrête en sont le témoignage. Les vitraux ont été réalisés par les moines de Wisques.

Les objets liturgiques sont intéressants à plus d’un titre.

Le retable, derrière l’autel, est l’œuvre de Jean Rabiant, un sculpteur parisien très en vogue entre les deux guerres. Il a été réalisé à partir d’une lampe de mineur. On voit bien la relation avec la sainte protectrice.

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Les meubles en granit, l’autel, l’ambon (le pupitre), sont datés de la seconde moitié du XXe siècle. Selon les sources, l’auteur change. Un sculpteur, les moines de Wisques, c’est le flou.

Les tableaux provenant de la collection de l’hôpital.

La déploration du Christ, de Victor Bouquet, un peintre flamand du XVIIe siècle. Le tableau fut donné contre travaux à un architecte audomarois. On retrouve trace chez un marchand d’art de Saint-Omer, puis dans une galerie strasbourgeoise. Finalement, il devint propriété d’un marchand parisien et rendu contre argent.

L’Assomption de la Vierge connut le même périple. Il est signé Wallet, 1807, donné par Descamps et sœurs, à en croire l’inscription en bas.

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Derrière l’autel est la représentation de Notre-Dame des miracles, telle qu’elle était sur la grand-place. Et une scène de repas pour laquelle nous n’avons pas d’éléments.

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Ce sujet a été possible grâce aux visites du Printemps de l’Art déco animées par Cécile Wallez, guide conférencière. Et aussi par le travail du Pays d’Art et d’histoire qui a édité un fascicule sur l’histoire du lieu, du sanatorium au CHRSO.

Pour les vivants et les morts

Une morgue était installée sous la chapelle. Il y avait une table d’autopsie, un four crématoire. Un escalier, à angle droit, y menait. Des témoins de l’époque assurent que, parfois, devant la difficulté de la descente, le brancard arrivait en bas plus vite que les brancardiers.