La crèche de Noël : de François d’Assise à la symbolique templière…

Il existe plus d’une dizaine de nativités dans la cathédrale de Saint-Omer. Nous n’en verrons que quelques unes parmi les plus remarquables.

     Les crèches sont apparues en Europe au moyen-âge grâce à un moine qui sera plus tard canonisé sous le nom de François d’Assise en l’an 1223. François d’Assise voulait ainsi que le clergé se souvienne de la pauvreté du Christ. Le 25 décembre est une date importante chez les chrétiens. Elle annonce en effet la naissance du Christ. Il nous semblait important d’évoquer à cette occasion les différentes sculptures représentant les nativités à la cathédrale de Saint-Omer. Vous découvrirez ainsi au travers de ce reportage que les Templiers occupent une place importante dans ces représentations.

 

Nativité syrienne du XIIIe siècle

     Marie est allongée dans son lit le bras tendu vers le haut semblant offrir son enfant. Elle est auréolée, Joseph est songeur. Jésus est posé sur un lit, il semble immobile, emmailloté comme une momie. Une étoile de l’ordre des templiers luit au-dessus du lit de l’enfant. Un ange porte une banderole « Gloria in excelsis Deo » et ouvre le rideau.

Le Symbolisme du Monde, avec ses trois niveaux – terre, ciel et univers – est ici traduit parfaitement. Il correspond à nos trois niveaux d’existence. La superposition des trois étages suit un superbe mouvement ascensionnel : de Marie, par sa main, l’homme est conduit vers l’Enfant qui ouvre sur l’Univers. Joseph, assis, barbu, semble entre les Mondes. C’est un thème d’origine syrienne que l’on retrouve dans les manuscrits et à Chartres.

 

Plusieurs détails peuvent nous interpeller :

  • Marie est auréolée. Or, la sanctification de la Vierge Marie ne sera prononcée que bien plus tard.
  • La vierge Marie a-t-elle les cheveux longs ou courts ? Il faut se rapprocher de l’inscription en haut « Natus sic iacuit uiliue » pour trouver un début de réponse : ils sont courts en signe de sacrifice et de renonciation.
  • Un seul animal semble réchauffer l’enfant Jésus, est-ce un bœuf, un âne ou une chèvre ?
  • L’enfant Jésus n’est pas dans une crèche mais dans un lit à sept arcades.
  • L’étoiles des bergers est remplacé par l’étoile à huit branches des Templiers.
  • Pourquoi Joseph parait-il si lointain, en deuxième plan, si songeur, voire triste ?
  • Ne retrouvons nous pas dans ce tableau le symbolisme du monde avec la terre, le ciel et l’univers ?

Nativité du XVe siècle

     Une autre nativité du XVe siècle, souvenir d’Antoine de Tramecourt qui fut Grand-Chantre de cette cathédrale : comme une enluminure pleine de détails, elle illustre la Théologie de la Révélation: L’Enfant Jésus de la crèche révèle le projet éternel de Dieu dont L’Amour veut rassembler les Hommes. Cette révélation se fait en Jésus (voile relevé), pour les hommes de tous les temps (le chanoine est agenouillé avec son bâton de Grand-Chantre et son hermine). On accueille cette révélation avec l’aide des saints (la main sur l’épaule, saint Antoine, le saint patron est là avec son traditionnel petit cochon) et saint Paul qui l’a proclamée est là aussi avec son épître roulée dans la main. C’est maintenant la mission de l’Église de la faire connaître (saint Pierre répond présent avec les clefs), pour changer le cœur des hommes (saint Michel terrasse le démon, petit diable en bas à gauche). Enfin tout en haut, voyez l’appel des hommes (les bergers) et la Jérusalem céleste qui ouvre la porte toute grande.

La Vierge au Chat

     Cette oeuvre est due à Jacques Du Broeucq. Elle faisait partie d’un ensemble dont Saint Joseph songeur, situé à droite faisait partie. Nous nous attarderons pas sur la présence du chat. Il n’existe que très peu de représentations de la Vierge avec un chat dans nos églises. La cathédrale de Saint-Omer est la seule église médiévale a posséder la sculpture d’un chat dans son mobilier. Mais quelle douceur dans l’expression de Marie allaitant. Rien n’indique pour autant qu’il s’agit d’une nativité excepté la présence des deux animaux le boeuf et l’âne. Mais s’agit-il d’un âne ou d’un cheval ? 

Collatéral Nord

 Les confessionnaux de la nef centrale regorgent de sculptures. C’est donc là que nous retrouverons des nativités. Comme celle ci, en albâtre, au fronton de la chapelle des ossements, représentée au-dessus en taille réelle (notre photo en début de page) ou celle-ci incorporée à un pilier (50 x 65 cm). Il faut là aussi admirer le travail de l’albâtre, la précision des drapés, la finesses des traits. Regardez l’ange et les deux chérubins !

Poursuivrez votre lecture en téléchargeant :