Le cortège fleuri, la transmission d’un patrimoine associatif.

La fierté de toute une région…

Au temps des rois, dit-on, les habitants des faubourgs utilisaient les îles flottantes qui peuplaient le marais audomarois pour accueillir les personnes importantes et paradaient fièrement sur le canal du faubourg du Haut-Pont grimés, costumés, flambeaux à la main. Les temps n’ont pas changé si ce n’est que depuis plus de quarante ans, c’est le nombreux public qui viendra dimanche 29 juillet applaudir les maraîchers et des familles complètes fidèles à leur tradition.

On ne l’appelle pas la « Venise du Nord » pour rien… et c’est tout un symbole puisque c’est une gondole qui ouvrira le 42e cortège nautique dimanche. Ce défilé fleuri sur l’eau unique en France présentera le travail de plus de 200 bénévoles autour et sur une vingtaine de chars imaginés et coloriés de milliers de fleurs en crépon réalisées manuellement. L’après-midi promet d’être rempli de couleurs pour scintiller le soir par un spectaculaire passage nocturne. Dans l’audomarois, on a bien le sens de la fête !

Un peu d’histoire

Le quartier du Haut-Pont, situé à la sortie de la Ville sur l’ancienne route de Dunkerque, est sans doute avec le quartier de Lysel, l’un des plus emblématiques de Saint-Omer. Combien de fois son image a-t-elle servie à illustrer la ville ? Alors que ce faubourg comme son nom l’indique est situé extra-muros. Outre le fait d’être un beau quartier dans le sens littéral du terme par la courbure du canal avec en arrière-plan les tours des églises de la ville, c’est probablement aussi parce qu’il est caractéristique des villes de Flandres ou encore parce qu’il évoque l’activité maraîchère qui fait encore aujourd’hui la fierté de Saint-Omer.

Son histoire remonte au Moyen Age et s’inscrit en parallèle du développement de la cité marchande. Les audomarois creusèrent le canal dans la première moitié du 12e siècle pour permettre la circulation des navires à plus fort tonnage. Il favorisera à terme la multiplication des échanges, le développement de l’activité de la cité et l’enrichissement d’une véritable société de marchands.

Une source relatant un incendie dans le quartier au 13e siècle révèle que les lieux sont déjà habités.

Une population s’est probablement installée durablement au bord de l’eau afin de profiter de l’activité générée par les bateaux.

De nombreux corps de métiers sont représentés : maraîchers, journaliers, bateliers, cordiers… et participent à la vie de ce quartier.De nos jours, cette activité maraîchère est encore très largement visible que ce soit par la présence des exploitations ou par le passage des tracteurs chargés de légumes.

Régulièrement et tout au long de l’année, des animations comme les cortèges, les ducasses ou encore le week end Saint-Omer, capitale du légume sont l’occasion de mettre à l’honneur ce quartier si particulier.

Le quai du Haut-Pont au début du siècle. Cette passerelle a disparu.

De façon épisodiques, des cortèges fleuris ont ainsi été organisés. L’année 1948 est prise comme date pour officialiser la création du Cortège Nautique . L’année suivante , naît l’association  le cortège nautique du Haut-Pont. Il se déroulera jusqu’en 1968. En 1973, quelques jeunes créaient le GLHP qui reprend à son compte l’organisation du défilé.

Ces réjouissances ont toujours lieu le dernier dimanche de juillet à l’occasion de la ducasse du quartier et c’est une façon de fêter aussi la fin de la période de plantation du chou-fleur.

Revenons à nos bénévoles…

Avec la complicité de notre ami Frédéric Legris, photographe, bénévole, homme de terrain, un indécrottable du marais, nous avons rencontrez quelques bénévoles en pleine réalisation de leurs chars. Nous ne dévoilerons pas les réalisations pour laisser la surprise aux visiteurs de dimanche prochain.

Chaque équipe se compose d’environ une dizaine à une vingtaine de personnes et tous âges : amis, parents, grands parents, enfants, voisins, cousins… c’est toute une famille et une grande famille. Certains sont des habitués du cortège comme les « Sarrazins » ou encore le groupe folklorique la « Baguernette » avec de nombreuses participations à leur actif.

Si à son origine la fête se voulait de participation de maraîchers et de commerçants, aujourd’hui la mixité sociale est de mise.

Chaque équipe est libre du choix et du thème de son char. On en trouve pour tous les goûts : musicaux, danses, traditionnels, géants, commémorations historiques mais toujours dans la plus grande élégance… Mais cette année, assez curieusement, il n’y a pas de thème sur la coupe du monde de football.

Un travail gigantesque qui mobilisera 45 bacoves en fer et bois et 6 escutes. Plus de 800 bastaings seront utilisés pour les planchers, une trentaine de groupe électrogènes, une vingtaine de sonos et une trentaine de moteurs à bateaux. Toute la sécurité a été étudiée au millimètres pour la sécurité du public et du cortège. Reste maintenant à prier la clémence du ciel  ou encore allez porter des œufs à Saint-Omer. 

Le groupe de la Baguernette, danse folflorique, composé de 15 bénévoles. Président : Gilles Rogin.. Un char de plus de 50 000 fleurs et 1100 heures de travail.
Le Comité de Jumelage présidé par Catherine Rebergue, illustrera la fête des chats comme à Ypres, ville amie de Saint-Omer
avec à sa tête Mme Filleul. Ces bénévoles nous réservent pleins de nuits de rêve... Vous comprendrez dimanche prochain

En voici plein les yeux…

Pour plus de renseignements : https//cortege.nautique.free.fr