Le marché d’Aire-sur-la-Lys

Le rendez-vous du marché du vendredi

   Le vendredi, sur le marché d’Aire-sur-la-Lys, la file d’attente est souvent importante devant leur camion. Sur l’étal, que des fruits et des légumes de saison. Pour eux, c’est déjà le plein boum des fraises. « En 2001, l’année est très mauvaise », explique Guy Laridan. « Depuis vingt ans on livrait des endives et des choux-fleurs à une coopérative. Et les prix n’étaient pas toujours à la hauteur de nos attentes. » En un mot, la culture ne nourrit plus son homme. La fin est proche, faute de rentrées pécuniaires suffisantes. Mais il y a Nicolas, le fils, qui montre une volonté farouche de faire de l’agriculture son métier. 

Ce sera à trois, autrement !

     D’abord, 2000 m² de serres vont pousser autour de la ferme après une recherche compliquée de financement. En plus des légumes du départ, les Laridan parient sur la fraise et la tomate qu’ils vont vendre sur les marchés du secteur. Une formidable idée. « Très vite, on a été acceptés », se souvient Guy. Mais, l’hiver, il faut aussi remplir les caisses. Ce sera aussi avec les salades, le chou sous toutes ses formes, potirons et consorts, les légumes racine, la carotte, le navet, le céleri, les oignons La vente directe bat son plein.

Une nouvelle boutique et un distributeur

   Mais au bout d’un cul de sac à Boeseghem, la « Ferme de la tête des Flandres » n’est pas l’emplacement idéal. « Pas facile à trouver, manque de place, et puis on était dérangés à toute heure ». La nouvelle étape sera un hangar, qui stocke à la fois le matériel agricole et les récoltes. Et puis d’autres serres, sur 75 ares, plus grandes, pour produire des fraises et des tomates précoces, raccourcir l’espace entre les récoltes classiques. Car il faut alimenter le magasin qui a pris place sous le hangar, « pour avoir des heures fixes d’ouverture » et le distributeur automatique qui permet la vente sept jours sur sept, en plus des produits fermiers des collègues, présentés dans la boutique.

La Serre
Culture de fraises

   Etre dans l’extra frais demande un surcroît de travail, qui demande l’appui de huit salariés temporaires pour la saison de l’endive. Et une amplitude d’activité importante dans une journée qui démarre avant le lever du soleil. Parce que pour vendre sa production, il faut semer, entretenir et récolter. Hormis les salariés, Martine, Guy et Nicolas reçoivent une aide presque invisible mais précieuse. Celle des bourdons polinisateurs, amis des tomates. « Le dimanche on ne travaille pas » explique Guy qui se reprend aussitôt. « Si, on prépare le camion pour le marché de Bergues, lundi. Et il faut cueillir les fraises ».

Salades
Jus de Pomme
distributeur
produits frais

   Dix-huit ans après avoir fait évoluer son métier, la famille Laridan s’est fixée un nouveau challenge, le bio. « On utilise très peu de traitements, rien sous les serres. Le but c’est d’être très vite à 100 % bio. » Pas question de freiner. « On aurait dû lâcher plus vite l’agriculture traditionnelle », regrette Guy. Et puis, il y a l’avenir de Nicolas, moins proche de la retraite que les parents.

La boutique de la ferme de la tête de Flandre

5 rue de la chapelle à Boeseghem :

Boutique ouverte mercredi, jeudi, vendredi de 16 à 19 h. Samedi de 9 à 12 h 30 et 15 à 18 h 30

Distributeur ouvert 7j/7 de 7 à 21 h

Présence sur les marchés d’Aire-sur-la-Lys (vendredi) et Bergues (lundi) de 8 à 12 h.