Les Castors – Acte VI – arrivée sur l’Esplanade

Tout n’est pas parfait, loin de là. Le rapport de la visite de chantier du mercredi 7 mars 1956 fait état de nombreuses réserves concernant les finitions. Seules une dizaine de parcelles échappent au constat !

De nombreux courriers adressés à Monsieur Delcourt architecte à Boulogne-sur-mer en témoignent. (lettre du 30 janvier 1956)

Le réseau VRD n’était pas terminé, loin de là. Les routes d’accès étaient en chantier.
Rue Leclerc, une rangée d’arbres faisait office de trottoirs !

Mais rien ne peux entacher le moral de nos pionniers ! …
Les maisons sont habitables, on déménage … !!!

« … On allait de plus en plus souvent se promener sur l’Esplanade (rien à voir sauf des baraquements et un blockhaus en plein milieu). Un beau matin, en Février 1956 (j’avais 8 ans, Colette 7 et Régine 2 ans, ce fut le grand jour). Nous avons exceptionnellement mangé à la cantine de Notre Dame Enclos. Comme la maison nous paraissait grande (nous venions de 4 pièces et une cour). Le soir, les voisins qui étaient déjà déménagés sont venus nous dire bonsoir. Il y avait des monts de terre devant la maison jusqu’au niveau de fenêtres du 1er. Cette année-là nous avons fait la braderie de la rue de Calais avec des bottes ! »
Brigitte Merlier-Wyckaert (impasse Calmette)

« Après la réception des  maisons, ce fut la construction des murets entre les jardins, fait en béton avec de gros cailloux. Les coffrages se passaient de maison en maison. Impossible donc d’aller chez les voisins par les jardins, mais il y avait toujours une façon de se retrouver chez l’un chez l’autre. »
Bernard Delrue (impasse Calmette)

« Mon premier  souvenir est de certains dimanches où nous allions « voir » nos pères travailler sur le chantier, pousser les brouettes, pelletées de sable et cailloux pour le béton et d’autres travaux de manœuvres qu’ils étaient pour la plupart. Puis ce fut lors de mes retours d’école à la maison, avant que les séparations se fassent dans les arrières des jardins, nous traversions en largeur et diagonale pour rejoindre notre douillet « nid », pour avoir notre goûter puis aller jouer dans les « jardins abandonnés » face à la rue Calmette. »
Pierre Marie Deletombe dit Pierrot (impasse Calmette)

« Ma première impression fut cette luminosité dans toutes les pièces de la maison (nous habitions rue de l’Arbalète une maison sombre et humide, sans confort, avec une petite cour entourée de hauts murs). Puis cette saine odeur de plâtre frais, le contact direct avec l’extérieur, on pouvait voir l’horizon vers Saint-martin-au-laert !, l’absence de clôtures à l’arrière des maisons nous permettait de jouer avec les copains sans limite d’espace !! »
Bruno Maréchal (rue Leclerc)