Quand le printemps se fait attendre…

Autrefois, pour dire Printemps, on utilisait le mot Primevère. Primevère, c’est aussi le nom que l’on donne à la première fleur qui pousse au printemps. La nature semble alors se réveiller petit à petit de son long sommeil hivernal. Les rayons du soleil apportent la lumière et la chaleur qui viennent chatouiller les arbres. Et les fleurs succèdent aux bourgeons.

Bientôt, avec cette renaissance, le jardin public de Saint-Omer se chargera en baisers de jeunes amoureux qui parleront d’espoir. Aux badauds, ils offriront leurs cœurs comme des artichauts qui s’effeuillent en battant pour une fleur, un sourire, un serment, pour l’ombre d’un regard…

Le printemps est une des quatre saisons. Au printemps, les oiseaux chantent, les arbres bourgeonnent, les fleurs colorent la nature, les animaux sont amoureux et le soleil illumine nos journées illustrées ici au début du siècle

Le jardin public de Saint-Omer demeure l’un des plus beaux de France, réalisé dans la seconde partie du 19e siècle avec le démantèlement des remparts de la Ville. Les premières plantations ont lieu en février 1895. A l’automne de la même année, les élus décidèrent de créer une serre municipale et d’installer dans le parc même des toilettes publiques, pudiquement nommées le Chalet de Nécessité. Puis le conseil municipal envisagea un jardin botanique composé d’espèces rares.

Conçu en parc paysager dit à la Française, le jardin public devint un lieu de promenade et de loisirs transformant les fossés en espace de détente. L’entrée du jardin public se trouvait alors fermée par une grille côté boulevard. A proximité, on y construisit la maison du gardien.

Le jardin était ouvert de 9h à 19h et totalement fermé l’hiver. Vers les années 50, la grille du jardin public fut déplacée vers l’allée du Parc et la maison du gardien remplacée par une fontaine monumentale en granit de bretagne. Ce changement de style radical suscita à l’époque bien des critiques de la part des audomarois. En raison de sa forme particulière, ils affublèrent la fontaine du sobriquet de «girafe», surnom qu’elle conserva jusqu’à sa destruction en septembre 1975.

La fontaine aménagée fut rapidement fermée. L’eau qu’elle «crachotait» éclaboussait les passants, appréciant moyennement cette douche forcée.

La grille et la maison du gardien.
La girafe démontée en 1975

Quant au kiosque, il est mis en adjudication le 1er février 1896. Très en vogue à cette époque, cet équipement festif, à la structure métallique, s’élève rapidement suivant les plans de l’ingénieur-architecte Guinoiseau. Quelques mois plus tard, la musique du 8e de Ligne y donne ses premiers concerts. D’autres formations musicales s’y produiront : la fanfare municipale, l’Orphéon, les élèves du collège Saint-Bertin…  Au programme, des airs d’opéra comique, d’opérettes et des chansons populaires  : « Nini Peau d’chien », « Madame Arthur », « Frou-frou » ou cet air qui dut faire battre bien des cœurs dans les charmilles du jardin public « Plaisir d’Amour… » Les aubades se prolongent cette année-là jusqu’à la fin août, devant un public conquis,  appréciant le cadre beaucoup plus agréable que celui de la place Sainte-Marguerite (actuellement place A. Ribot), où s’élevait, depuis plusieurs années, un autre kiosque, qui devait disparaître à l’aube du XXe siècle.

Lieu de détente et de plaisir musical

Le jardin public bientôt en fleurs et en saison poétique