S’occuper des autres : la devise de Ajmal Panchoo

Lors de notre entretien, Ajmal nous parle avec confidentialité et honnêteté… « 

Par mes origines, dit-il,  je suis anglophone, mais j’ai toujours été attiré par la culture française (il est fan, par exemple, de Michel Sardou). Après le bac, il fallait choisir la faculté de mes études supérieures. Je voulais la France. Lille, Amiens, difficile de choisir quand on ne connaît pas. J’ai ouvert une carte. Lille était au milieu de Londres, Bruxelles, Paris. Je suis arrivé un jour de braderie…

Les études, les débuts professionnels, l’installation, aisé ou compliqué ?

On dira que pour les études bien d’autres auraient lâché. J’ai tenu bon. Sans doute que cette période a fortifié ma volonté. Ensuite, j’ai voyagé. Dans le Nord. L’Avesnois, Dunkerque, le CHR de Lille où j’ai développé des techniques de soins pour les handicapés, sans anesthésie générale. Un cabinet dentaire d’Aire-sur-la-Lys cherchait un collaborateur. J’ai vu cette grande place, j’ai tout de suite aimé. J’y ai passé six belles années. Je logeais chez l’habitant, j’occupais son salon, comme quelqu’un de la famille. C’est à Aire-sur-la-Lys que j’ai rédigé ma thèse sur le handicap. J’y travaillais la moitié de la semaine, le reste à Lille où j’espérais mon avenir. Quand j’ai compris qu’il n’y en avait pas pour moi, j’ai voulu m’installer. Jamais je n’aurai pu le faire à Aire-sur-la-Lys sans Eric et Nathalie qui m’avaient si bien accueilli et ont accepté de lever la clause de non-concurrence. Ils m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, je suis un vrai ch’ti (Il rit). Mieux, une andouille. (c’est ainsi qu’on surnomme parfois les Airois)

On évoque votre humanité, vos méthodes, comment vous définissez-vous ?

Je ne cherche pas à être différent. Je ne le suis pas. La qualité de soins de mes confrères est la même. C’est mon approche du patient qui est différente, notamment vis-à-vis du handicap.  Je m’adapte à lui. Il faut qu’il se sente en confiance pour réussir le soin. Pas besoin de l’endormir. Je lui parle, je le mets en confiance, je m’appuie sur les soignants, les accompagnants, qui les connaissent bien. Pas besoin d’hospitalisation. Pour la Sécu c’est une économie. Pour le patient, un gain de temps, moins de stress. C’est évidemment un peu plus compliqué, plus long. Je dois faire tout ce qu’il est possible pour soigner. La patientèle vient parfois de très loin. C’est sans doute que la méthode que je préconise, que je voudrai développer, est adaptée. J’ai le sentiment du devoir accompli, du plein respect du serment que j’ai prêté ».

 

A suivre…